Avoir été
C’était un souvenir de chevelure sombre
Qui embaumait le musc et le fort patchouli.
Lascivement, sur un divan couvert d’un patchwork népalais,
Elle se racontait avec une voix douce,
Alanguie mélodie aux voiles arabesques,
Des fumées de l’encens et du cannabis frais.
Etait-ce Séréna, Nathalie ou Lisa,
Qui nommaient de si loin ces volutes violettes ?
A moins que ce ne fut Geneviève ou Sofia
Dont les émanations revenaient vers le soir,
Sans qu’aucune présence ne semble les forcer
A la réminiscence…
Ces ombres, errantes et folles, me pardonneront
D’avoir un peu oublié et leur nom et leurs sens…
D’autant plus que ce trouble avive leur mystère,
Le charme avantageux de leur évocation…
La vie ouvrait à peine ses bras si souriants,
Et si ironiques, tout en nous propulsant vers
L’inconnu recueillant, inattendu ou non…
Nous commencions d’apprendre
Que naître est si facile et que renaître est tout…
Bernard Petit (23/01/2011)