De la Nature
Dans le fond, au sens propre comme au sens figuré, c'est la Nuit qui éclaire le Jour.
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" D' Alembert : - Car enfin cette sensibilité que vous lui substituez [à Dieu],
si c'est une qualité générale et essentielle de la matière, il faut que la pierre sente.
Diderot: - Pourquoi non?
D' Alembert: - C'est difficile à croire. "
(Diderot, Le Rêve de D'Alembert, 1e partie: « Suite d'un entretien... »)
Ce qui est difficile n'est pas impossible; et nous ne connaissons au fond qu'une seule manière de sentir, la manière humaine, à partir de quoi nous imaginons les autres formes de sensibilité animales, végétales et idéales: alors pourquoi pas des formes minérales, en apparence les plus éloignées de nos propres habitudes?...
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Du Langage
Rien ne dit que l'absolu existe en dehors du langage: peut-être "Absolu" n'est-il que le terme-limite et l'interface de toute "relation d' être" pensable à partir du langage.
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Avant d'être un système logique, le langage est une puissance vitale et poétique, et partant de là et grâce à cela, le sujet du langage invente de la logique. "Toute langue naît comme musique et finit comme algèbre" (André Marie Ampère).
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La parole ne remplace pas l'action muette, elle la complète: elle l'interprète, elle l'inspire et elle l'amplifie.
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« Ce n'est pas parce que c'est difficile que nous n'osons pas écrire, c'est parce que nous n'osons pas écrire que c'est si difficile » (Sénèque).
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C’est la société qui nous contraint au bavardage, parce que c’est la meilleure forme de censure, la sélection immanente par la vitesse, l'immédiateté, le réflexe conditionné, l'utilité du "bout du nez"...
Ainsi, étonnamment, la parole déchaînée ("décomplexée") peut empêcher la pensée.
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"Mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur du monde" (Albert Camus).
Bernard Petit (02/03/2017)