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 Jazz-rhapsodie pour musique et philo

Penser ce qui devient, déchiffrer les signes, pour résister à la médiocrité nihiliste et produire une jubilation!...

litterature

Prière laïque en faveur de la dignité des humiliés.

Publié le 6 Juillet 2010 par bernard petit dans Littérature

 

Prière laïque en faveur de la dignité des humiliés.

 

 

  On a toujours de bonnes raisons

De rappeler aux hommes le sens de l'humilité:

"Oui, rampe vermisseau misérable !

Humilie-toi devant chaque signe de sublime divinité,

Et prosterne-toi devant l’Etre véritable !...

Oui, toi qui n’est presque rien, toi qui est pire que rien !

A peine un vent, une vapeur, un murmure inaudible,

Une lueur invisible dans un univers qui se rit des fantômes !..."

Mais on a aussi toujours l'occasion de croiser les faux dieux:

par exemple, cette obscure puissance soi-disant éternelle nommée "l’Argent".

   L'argent est-il divin? Impossible, non?

 Au fond, tout ce qui a un prix ne vaut pas grand-chose,

Puisque l'on peut justement l’échanger contre autre chose

Ayant des propriétés équivalentes.

Les seules valeurs dignes de ce nom

        sont les êtres formés de propriétés uniques et non échangeables.          

A moins que…

-  A moins que quoi ?...

-Hélas ! que suis-je pour évoquer davantage qu’une vague hypothèse ?...

 

"...Et qu’enfin l’homme unisse ce que Dieu avait séparé !

Et que Dieu ne sépare que le plus tard possible

Ce que l’homme eût le bon goût et la grande peine à unir !..."

 

 

 

                                                                    Bernard Petit (20/08/2010)

 

 

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D'un pas leste (ballade baroque)

Publié le 16 Avril 2010 par bernard petit dans Littérature

 

 

D’un pas leste

(Ballade baroque)

 

 

 

 

Poétesse âme sœur

Délivre les mots du cœur

Permets leur puissant vol

Souffle leur pur envol

Au travers des nuées

Ta voix atténuée

Chante le clair retour

Des antiques amours

Vers le cuisant passé

Des nuits des trépassés

 

 

Dès lors ma douce amie

Ecoutez sans mépris

Souffrez donc que je baise

Vos deux lèvres de braises

Pour ranimer la flamme

Au drame de mon âme

Et qu’en fin de mon geste

Un amour palimpseste

Nous porte d’un pas leste

Au fin fond de l’extase

 

 

 

 

                                                                                (Bernard Petit ,19/01/2010)

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Le chat sourit

Publié le 16 Avril 2010 par bernard petit dans Littérature

Le chat sourit

 

 

 

 

 

Quand le chat sourit le chat rit le chat varie

Ses plaisirs miaulants étirent ses griffes

Qui font danser son corps électrisé

En se riant de la charia et du charivari

 

Le chat varie ses poses en souriant aux souris

Quand le chat chasse il varie à tout va

La course bondissante et la queue survoltée

Le chat vire l’inertie et s’envole au vent fou

 

                             

     

                                        (Bernard Petit, 15/04/2010)

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La vie dans ta tête (java zoologique)

Publié le 16 Avril 2010 par bernard petit dans Littérature

 

 

La vie dans ta tête

(java zoologique)

 

 

C’est dans ta tête

Cette vie là

Dans ton petit

 Crâne de chat

Entre tes deux

Oreilles fines

Et tes grands yeux

Noirs de puma

Ton nez félin

Ta grande gueule

Tes dents pointues

Langue râpeuse

Et patte agile

 

C’est dans ta tête

Cette vie là

Ta chevelure

Qui se lève

Si haut sur la

Pointe des pieds

Tourbillonnant

Filant au vent

Courant toujours

Jambes fragiles

Autant d’amour

Laisse pantois

 

Cette vie là

 

 

                                                                                      (Bernard Petit, 17/12/2009)

 

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Encore un peu plus (devant tant de succès!...)

Publié le 12 Mars 2010 par bernard petit dans Littérature

Il était un poète

(Fantaisie baroque)

 

 

 

Il était un poète

Cerveau hors de la tête

Un crâneur de l’absence

Ivre de jouissance

Indigne du bonheur

Harassé de torpeur

Etourdi dans la glace

Renfort du Temps qui passe

 

 

On ne saurait redire

Ce qu’un poème inspire

On n’a pas la patience

D’animer le silence

Prenons l’Arche du Temps

Chahutée par les vents

Les sinistres Vermeilles

Survolant les mers veillent

 

 

Les hirondelles fuient

Nos terres sans un bruit

Elles strient les ciels blancs

De leurs pointus élans

Imagine un futur

Où des humains plus mûrs

Entendront dans leurs cris

Le chant des eaux taries

 

 

Elle serait bien fine

Cette mouche anodine

Posée sur son étang

Stagnant au coin du temps

Qui vibrant de ses ailes

Tirerait la ficelle

De sa vie décisive

Sa foi germinative

 

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Un peu de poésie, par la sainte culotte de Dieu!...

Publié le 12 Mars 2010 par bernard petit dans Littérature

Tout de même

 

(java horrifique)

 

 

Tout d’ mêm’ Hitler

Aimait les chiens

Staline adorait les enfants

Franco aimait le flamenco

Hirohito les beaux chevaux

Et Pol Pot, il avait des potes

 

Mais oui madame

Y’ avait de l’âme

Au fond d’eux-mêmes

Si peu qu’ ce fût

Z’avaient une âme

Puisqu’ils aimaient

Dit-on quelqu’un

Ou quelque chose…

 

Ah mais tout d’mêm’

Faudrait savoir

Si pour comprendre et excuser

Il suffisait d’aimer

« Mais depuis quand, dit le Satyre,

Les hommes le sauraient-ils tant 

Ce que aimer veut dire ?...

ça se saurait depuis le temps... »

 

Car tout de même on savait bien

Que les gros durs les tatoués

Etaient « A maman pour la vie ! »

Qu’ les tyrans n’étaient pas tout seuls

Que les jaloux et les envieux

Font de vigoureux amoureux

 

Mais que le Cupidon des flèches

Il n’a jamais eu de Nobel

Même pas celui des archers…

 

 

 

 

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Micro-dialogues avec des lointains

Publié le 12 Février 2010 par bernard petit dans Littérature

 

 

 

1) « Hâtons-nous de rendre la philosophie populaire » (Denis Diderot).

 

-         En un sens, oui, mon cher Denis !...Mais quand on voit ce qui aujourd’hui passe pour des valeurs populaires, on serait tenté d’ajouter : gardons lui néanmoins un caractère impopulaire, si l’on ne veut pas la sacrifier stupidement !

 

 

 

2)     « Toute musique qui ne peint rien n'est que du bruit » (Jean Le Rond D’Alembert).

 

-         Peut-être,illustre Jean: mais que signifie peindre quelque chose en musique ?

 

 

 

3)    « Il n’y a pas de Logos, il n’ y a que des hiéroglyphes » (Gilles Deleuze).

 

-    Soit:  il n’y a pas d’idées ou de significations éternelles, mais seulement des signes antécédents.

Penser, c’est donc interpréter, traduire; mais interpréter,traduire,  c'est  aussi créer le sens d'un texte qui n'est pas simplement donné , et dont la pensée doit établir la forme, y compris sur le mode de la restauration.

 

 

 

4)    - Trop de lecture peut étouffer le génie » (D’Alembert).  

 

-         Certes : mais ce n’est pas une raison pour lire trop peu, mais pour mieux choisir ce qu’on lit.

Ajoutons donc:  quelques bonnes lectures sont nécessaires pour étoffer le génie !...

 

 

 

5)    « Rien ne donne plus à penser que ce qui se passe dans la tête d’un sot » ( Deleuze).

 

-         Est-ce parce qu’on peut alors mieux apprécier le besoin de penser pour lui ou avec lui ?

La pensée a peut-être horreur du vide…

 

 

 

6)    « On s’exprime toujours comme les gens de sa classe mentale et non de sa caste d’origine » (Marcel Proust).

 

-         C’est dire que notre langage exprime ce que nous devenons et sommes devenus, et non ce que nous étions

.

 

 

 

 

7)     « On appartient toujours à la société dont émanent les idées et les valeurs auxquelles on croit » ( Deleuze).

 

-         Si c’est vrai, il y a peut-être en Europe et ailleurs beaucoup d’ « américains » en exil à leur insu…

 

 

 

8)  « L’œuvre d’art moderne n’a pas de problème de sens, elle n’a que des problèmes d’usage » (Deleuze).

 

-  Peut-on distinguer le sens d’une œuvre de ses "usages" réels ou possibles ? N’est-ce pas aussi valable pour les œuvres classiques (certes en distinguant des types très différents…) ? Tous les usages artistiques ne sont-ils pas forcément contemporains, même quand ils se veulent fidèles à une tradition académique? 

 

 

 

9)  « Virus de la prose, le style poétique la désarticule et la ruine: une prose poétique est une prose malade » (Emile Cioran)

 

-         N’exagérons pas trop, cher Emile !... Baudelaire ou Rimbaud  ont « prosaïsé » leur poésie; 

Mallarmé, Proust, ou  Gide ont « poétisé » leur prose, souvent avec intérêt et grandeur, non ? Peut-on vraiment dire qu’elles sont désarticulées ?...

    Mais tout dépend bien sûr de ce qu’on définit comme poésie ! Ainsi, des proses convulsives, explosives, invectivantes ou humoristiques comme celles de Rabelais, Artaud, Céline ou Frédéric Dard (San Antonio) ne sont pas sans vertus poétiques (quoique passablement anti lyriques !) : rythmes syncopés, flux jaillissants, changements de vitesse, néologisation débridée, mélanges de registres, écrabouillage des contextes, ponctuation  surexcitée…

 

   En revanche, on pourrait aussi dire, et peut-être plus justement, que la poésie contemporaine est devenue souvent  "prosaï-dégénérée" (si j'ose ce néologisme: mais, comme le dit Nietzsche,"à vilaine chose, vilain mot!") :

en voulant se délivrer des formes classiques (versets,mètres,rimes,etc.), elle s'est parfois privée de souffle,d'intensité et de musicalité, pour s'enliser dans une morbide insipidité. Une poésie prosaïque est peut-être une poésie moribonde...

 

                                                                                                           ***

 

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Qu'est-ce qu'un journal intime?

Publié le 6 Février 2010 par bernard petit dans Littérature

     Un curieux oxymore.

Qu’est-ce qu’un journal intime ? On ne sait pas comment ça a commencé, ni vers quoi ça tourne, ni quand ça finira ; on ne sait pas grand-chose, à peine de quoi il s’agit, quelle sorte de vie s’agite ici dans le fond…; mais on peut en éprouver une envie étrangement claire, un besoin obscurément évident.

   Au commencement était donc un amas de paradoxes : une languissante histoire et une envie subite, une décision mûrie et une compulsion ressassante…Un journal intime, c’est peut-être d’abord un oxymore dissimulé.

     Comme tout être, chacun peut-être considéré comme un avatar de l’éternel retour : le résultat d’une éternité de reprises, de recommencements, de séries entrecroisées ou tangentielles. Certaines histoires dynamisent et enchantent les passants affairés dans le monde : mais pourquoi s’intéresser au journal intime de quelqu’un d’autre ? Quelle sorte d’intimité peut intéresser quelqu’un d’autre que soi, ou ceux qui sont déjà les intimes de l’auteur ? Et même, quelle intimité puis-je trouver intéressante à mes propres yeux, au point d’en noter les pensées pour ne pas les oublier ? Que devient l’intimité des idées et des événements que je peux ainsi formuler et communiquer à d’autres? Précisément, la dimension intime est ce qui résiste le mieux aux systèmes de communication, à ses « informatages »  et à ses mots d’ordre stérilisants : pensées de résistances et actes de paroles virtuelles, atelier d’idées sans moyen et de medias sans direction.

     Une conviction se dessine : si l’on écrit des pensées intimes, c’est pour en sauver une partie de l’oubli auquel l’intimité les condamne nécessairement après la disparition de leur auteur. On écrit donc un journal « intime » contre sa propre intimité, contre « les sales petits secrets » des cœurs : bref, pour se libérer de soi et de sa vie privée…de sens vital profond!...

 

   Au fond, on écrit un journal intime pour qu'il soit publié, tôt ou tard; et on le baptise intime pour le protéger (très magiquement, si l'on peut dire...) d'une publication prématurée, ou interdire sa lecture à certaines personnes, avec le désir secret et craintif, semi-conscient, qu'elles le découvrent "par hasard". L'auteur du journal ne pense -t-il pas: "maintenant,c'est mon secret; mais plus tard...". Il pourrait ajouter "peut-être", car il n'est pas certain que le désir de publier se manifeste par exemple

dix ou vingt ans après. Mais pourquoi voudrait-on écrire des pensées si ce n'était que

pour les garder au fond de soi?

   Appelons donc « Journal ex-time » (nouvel oxymore, soit !)  ce mouvement expressif de la pensée fuyant les prisons de l’actualité vers l’extériorité des mondes possibles : pensée intempestive, dirait Nietzsche, mais non intemporelle ; pensée en dehors du temps à la mode, mais pas hors du Temps ; pensée à contretemps pour inventer de nouveaux temps. Il écrira ce petit dialogue (je cite de mémoire):


"- Pourquoi écrivez-vous?

  - C'est le meilleur moyen que j'ai trouvé de me débarrasser de mes pensées."

 

 

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