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 Jazz-rhapsodie pour musique et philo

Penser ce qui devient, déchiffrer les signes, pour résister à la médiocrité nihiliste et produire une jubilation!...

La notion de rythme

Publié le 20 Mars 2012 par bernard petit in Musique

 

  (commentaire de l’art. Rythme, signé Pierre Sauvanet, dans l’Encyclopédia Universalis  2009, DVD-ROM)


     La notion de rythme dissimule mal une pluralité de sens : rythme cardiaque ou respiratoire, rythme des saisons, rythme des modes, rythme musical, rythme de travail…  Une telle extension sémantique est peut-être le signe de la vitalité et de l’utilité d'une telle notion. N'y a-t-il pas malgré tout des points communs à ces divers sens possibles, sans pour autant rêver à une unité idéale? Aussi, la question: «Qu'est-ce qu’un rythme?» peut-elle chercher une définition capable, d’une part, d'approcher tout ce qu'on comprend d'habitude sous le mot rythme (sa polysémie globale et équivoque); et d’autre part, de fournir un instrument adéquat pour étudier un rythme singulier dans un domaine particulier (sa signification locale et précise).

   

   Ainsi Pierre Sauvanet (art. Rythme, in EU 2009) distingue une définition globale et une définition restreinte. Selon la première, on peut appeler rythme « tout phénomène, perçu ou agi, auquel on peut attribuer au moins deux des qualités suivantes : structure, périodicité, mouvement ». Et selon la seconde : «tout phénomène, perçu ou agi, auquel on peut attribuer chacune de ces trois qualités ».

    La seconde est plus précise et compréhensive, mais la première correspond aux usages les plus courants, et réclame donc un premier examen.

  

   Le premier couple envisageable - structure et périodicité sans mouvement - s'applique à tous les rythmes que l'on perçoit comme statiques, et qui manquent de l’élément vitalisant qu’on estime devoir trouver dans un « vrai rythme ». (On pourrait donc les appeler pseudo rythmes). En poésie, par exemple, cela correspond à la différence entre un sonnet de versification correcte, qui répond aux critères de forme et de retour (quatorze alexandrins,quatre strophes, rimes finales,etc.); et le mouvement de chaque lecture individuelle capable de l’animer d’une vie propre.

      Le second couple — structure et mouvement sans périodicité —caractériserait un type de rythme plus difficile à percevoir et à concevoir, sans retour sur lui-même ni régularité perceptible. Dans les musiques contemporaines, par exemple, le rythme varie souvent d'une mesure à l'autre (critère de mouvement sans périodicité), tandis qu'une certaine structure se fait pourtant sentir, dans l'agencement temporel des événements acoustiques, le jeu des timbres et des  accentuations, des sons et des silences, qui détache des figures sur un fond totalisateur, aussi « ouvert » qu’il puisse être.

      Le dernier couple enfin — périodicité et mouvement sans structure — engloberait les rythmes saisonniers, astronomiques ou biologiques. Ces phénomènes, que nous continuons à appeler rythmes, de fréquences et d’ampleurs différentes mais de même type, reposent sur le même principe d'un retour au « même » et d'une possibilité de décalage, d'irrégularité de mouvement, mais sans véritable organisation spatio-temporelle, sans prégnance d'une forme nettement délimitée.


      Si l’on passe à la deuxième définition, « un rythme au sens fort est alors un phénomène qui, dépassant ses conditions minimales d'apparition, réussit à combiner tous les termes de la triade structure-périodicité-mouvement ». Ainsi en est-il, dans l'espace, d'une architecture qui travaille la ligne droite et la récurrence de certains motifs avec une dynamique de la ligne courbe [ex : le style baroque]  ou, dans le temps, d'une improvisation proprement rythmique à partir d'un schéma cyclique donné [ex : des percussions jazz].

 

      En d’autres termes, que Sauvanet présente comme plus philosophiques :

- la structure serait de l'ordre du concept, car on peut toujours ramener un rythme quelconque à un schéma mental ;

la périodicité, de l'ordre du percept, parce qu’on perçoit un rythme comme un cycle avant de le penser comme tel ;

- le mouvement, de l'ordre de l'affect, puisque l'émotion rythmique passe par une «prise de corps » avant sa prise de conscience.

 

    On peut dire alors que « l'homme est un animal polyrythmique », en voulant marquer par là l’importance productrice,symbolique et pratique, des rythmes en tant que tels : comme genèse des concepts, comme jeu vibrant des continuités et des différences, comme appréhension ou création de formes à tous les niveaux des

dynamismes physiques; et enfin, comme possibilité de connexions et d’interactions entre divers arts, sciences ou modes de pensée.

 


 

 

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A
<br /> Fichtre ! c'est du technique là. Il faudra que j'y revienne à une heure moins tardive, j'ai pas tout intégré.<br /> <br /> <br />
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