Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité
 Jazz-rhapsodie pour musique et philo

Penser ce qui devient, déchiffrer les signes, pour résister à la médiocrité nihiliste et produire une jubilation!...

Chroniques anachroniques (20/01/2012)

Publié le 20 Mars 2012 par Bernard Petit in Vivre et philosopher

 

 

 

 

     L'humain, "animal poltron..." (Nietzsche).

     Du point de vue d'une philosophie de l'art, on peut dire que l'on embellit le monde pour le rendre plus convenable à nos goûts et plus supportable à nos faiblesses humaines. En ce sens, aucun art ne peut longtemps se passer d'une certaine volonté de beauté. Par beauté, j'entends ici le sentiment actif du jeu harmonieux et intensif de nos facultés d'imaginer, de concevoir et de produire des formes communicatives,  d'éprouver et de faire partager leur sens dynamique et  symbolique.  Cela n'implique aucun conformisme  mou aux modes ambiantes, aucune adhésion à un ordre despotique et abrutissant, mais plutôt une affirmation partagée de "nouvelles possibilités de vie humaine" (Nietzsche).Néanmoins, les difficultés de la communication peuvent faire qu'une forme est mal perçue et mal comprise, de sorte que ce que certains trouvent beau et palpitant est trouvé laid, ennuyeux ou condamnable par d'autres.  Ainsi la beauté peut-elle faire peur, lorsqu'elle tend vers le sublime, comme chez Shakespeare ou Proust, Michel-Ange ou Le Tintoret, Welles ou Visconti...

     Mais le même but (rendre le monde convenable et supportable) peut être poursuivi par des moyens tout opposés.On peut en venir à enlaidir le monde humain en le noyant dans la banalité, sous prétexte de le rendre plus rassurant, car la peur du devenir, de l'avenir comme du passé, et même d'un certain présent, sont souvent les maîtres de la conscience ordinaire. C'est toute une culture de la peur qui peut conduire au "désenchantement du monde"( Max Weber), quand la propagande sécuritaire  s'associe à la démagogie hypermédiatique, en combinant sournoisement la publicité consumériste, l'idéologie libérale individualiste et technocratique sous des prétextes démocratiques et humanistes, et ce besoin de réconfort que l'aventure humaine garde en réserve , bon gré mal gré, aux soirs de ses plus audacieuses manoeuvres, lorsqu'elle a tant besoin de paisible repos... Comme le dit si bien Rousseau, "on dort aussi en paix dans les cachots", et c'est peut-être ce qui les rend si séduisants à certaines heures de la vie.

     Prenons donc garde de ne pas transformer la Terre en cachot de la poltronnerie humaine!...

 

*

                                                                

                                                               Bernard Petit  (20/01/2012)

Publicité
Publicité
Commenter cet article
Publicité