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 Jazz-rhapsodie pour musique et philo

Penser ce qui devient, déchiffrer les signes, pour résister à la médiocrité nihiliste et produire une jubilation!...

De l'âge , et de ce qui lui ressemble...

Publié le 3 Novembre 2012 par bernard petit in Vivre et philosopher

 

De l’âge.

    « La vie de l’homme est misérablement courte » dit Pascal. Certes, en un sens, chacun vit trop peu au regard de ses aspirations imaginaires, surtout depuis que les humains ont inventé les dieux comme figures projectives de leurs propres impuissances particulières.

    Mais à notre ami Blaise, on aimerait répondre que la brièveté de la vie ne réduit pas forcément les misères humaines, comme on le voit chez ces masses de vieillards quasi inertes que l’on conserve dans les maisons de retraite de nos sociétés modernes, maisons qui cultivent les moyens de ne pas mourir « trop vite », sans en cultiver les finalités symboliques et mémorielles, ni reconnaître aux aïeux le droit de disposer des modalités de leur propre mort, puisqu’elles en conserve la vie animale (et même végétative…) sans pouvoir en préserver la liberté et la dignité.

    Notre culture prolonge ainsi la vie en ridiculisant son potentiel de sens ; elle rend quasi inutiles la mémoire et la parole des aïeux (qu’ont-ils encore à apprendre aux générations de la télévision, de la téléphonie, d’internet et autres i-phones, entraînées dans la propagande frénétique des mondes virtuels où règnent le narcissisme primaire, les fantasmes de consommation, de  violence et de sexualité virtuelles ?...), mais elle interdit une euthanasie et un eugénisme raisonnés, au nom de certains risques, souvent surestimés, sinon imaginaires…Certes des risques existent ; mais le risque est une virtualité inhérente à la vie, donc à tout futur. Il est aussi dangereux de ne rien faire ; et le stratège doit certes apprendre à gagner des batailles, mais aussi à savoir perdre une guerre…

   On ajouterait aussi que la limite de la durée de nos vies n’est au fond qu’une conséquence de la limitation de nos forces vitales, qui est une condition fondamentale de la vie, et pas seulement celle de l’homme. La conscience humaine de ces limites est une puissante source d’angoisses et de nouvelles souffrances qu’elle nous a rendus capables d’inventer, mais aussi de nouvelles possibilités d’attitudes et d’actions que semblent ignorer la majorité des animaux. Ainsi pourrait-on conclure que la brièveté de la vie est le fruit d’une bonne disposition de la nature en notre faveur.

    Penserons-nous bientôt que la vie des hommes est misérablement longue ?

Selon Aristote, la vie est courte, mais l’art, qui est durable, la prolonge.

 


 

 

 


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